L’exceptionnel legs de l’architecture en pisé en Rhône-Alpes

[JUIL 2021]

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La richesse d’un patrimoine bâti valorisant les possibilités constructives et architecturales du matériau terre est visible partout en France où maisons d’habitation, écoles publiques et mairies, manoirs bourgeois et châteaux, églises et manufactures industrielles, monuments historiques, déclinent cette utilisation séculaire de la terre.
Le «pisé» est la principale technique de mise en œuvre de la terre crue, compactée en coffrage, sur le territoire du Nord Isère. Cette tradition constructive trouve son origine dans les temps reculés, depuis l’époque gallo-romaine. Elle perdure au fil des siècles et renaît au Siècle des Lumières qui contribue à un art de bâtir en terre moderne. François Cointeraux (1730-1840), architecte lyonnais, promoteur d’un «nouveau pisé» et ses célèbres «Cahiers d’École d’Architecture Rurale» est traduit en plusieurs langues. En Europe (Italie, Allemagne, Danemark et Angleterre) et même jusqu’aux États-Unis d’Amérique et en Australie, ses écrits sont renommés au sein des sociétés savantes qui promeuvent le pisé comme solution pour améliorer l’habitat rural et le mettre à l’abri des incendies auxquels les bâtiments en bois et torchis, bâtières de chaume, étaient très exposés.

Le renouveau des années 1980 dans le Nord Isère
Avec le choc pétrolier de 1973 la construction en terre revient au premier plan de la recherche et de l’expérimentation. Économie d’énergie à la production, inertie thermique et avantages écologiques sont alors mis en avant. L’exposition «Des architectures de terre» présentée à Beaubourg, en 1981, puis dans les grandes capitales du monde, pose les bases d’un nouveau débat scientifique, technique et culturel international. L’achèvement, en 1985, du «Domaine de la Terre» (65 logements en terre de type H.L.M.), dans la ville nouvelle de l’Isle d’Abeau, à Villefontaine, concrétise le potentiel constructif et architectural contemporain de la terre. Dans les années 1980 plusieurs pays africains développent la technologie du bloc de terre comprimée. Un programme exemplaire d’habitat social est mené sur l’île de Mayotte (Comores) qui va se traduire par plusieurs milliers de logements.

Ces dernières années, une véritable dynamique mondiale a pris son élan comme l’a montré le « Terra Award », 1er prix international des architectures de terre décerné en 2016 à Lyon, déclarée capitale de la terre pour le douzième congrès mondial sur les architectures de terre qui a réuni plus de 700 spécialistes.