Les vers de terre, des alliés à protéger

[SEPT 2017]

vers de terre.jpg

Après les abeilles et les poules, un animal plus discret qui rend lui aussi d'immenses services : le lombric, plus communément appelé ver de terre.
On compte 150 espèces en France qui se nourrissent à différentes profondeurs dans les sols, assurant ainsi des rôles  complémentaires : certains ingèrent et transforment la matière organique de la couche de surface, d'autres vivent à l'étage du dessous et ingèrent un mélange de terre et de matière  organique prédigérée. Enfin, les plus costauds creusent de longues galeries verticales, cherchant leur nourriture en surface pour la distribuer en profondeur.
Ce sont ainsi 300 à 600 tonnes de terre par hectare qui passent dans le tube digestif des lombrics (chacun ingère chaque jour 1,5 fois son poids).
L'intérêt pour les sols est triple :

  • la structure de la terre est améliorée par la création d'agrégats qui résistent mieux à l'érosion par la pluie ou le vent,
  • les galeries améliorent la circulation de l'eau et des gaz, permettant à l'eau de s'infiltrer et aux racines de pénétrer plus facilement en profondeur,
  • les résidus végétaux sont recyclés et transformés en humus riche en éléments dont se nourrissent les plantes.
En outre, les lombrics peuvent nous aider à transformer nos déchets, soit dans des  lombricomposts (pour ceux qui n'ont pas de jardin), soit dans des lombrifiltres, une nouvelle forme de station d'épuration pour les petites communes ou les habitations isolées. Cette dernière méthode, testée à Combaillaux près de Montpellier, a surtout l'avantage de ne pas produire de boues, pour un coût inférieur à une station classique. On l'aura compris, les lombrics sont nos alliés. Ce qui est  moins connu est que ces alliés sont menacés.  L'agriculture intensive a divisé par 10 la densité de vers de terre par ses produits chimiques et le tassement répété par les engins agricoles (2t/ha en 1950 contre 200 kg/ ha aujourd'hui), tandis que les prairies ont conservé des densités élevées. Une raison de plus pour aller vers une agriculture biologique respectueuse de la vie du sol.
Pour compléter le tableau, une nouvelle menace plane sur nos amis les lombrics, sous forme d'aliens venus principalement de l'hémisphère sud : des vers plats prédateurs arrivés dans les pots de plantes exotiques (7 espèces déjà présentes en France, dont une  articulièrement redoutable arrivée de nouvelle-Zélande en 2004). On ne connaît pas pour le moment de méthode de lutte contre ces envahisseurs qui n'ont pas de prédateurs chez nous.
Décidément, tout n'est pas rose, même quand on se croit à l'abri sous terre.
 
infos : bit.ly/Plathelminthe