Paroles hors des murs

[MAI 2017]

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Les précédents articles ont souvent fait la part belle au centre historique de Crémieu. La modification des entrées de ville, en passe d'altérer la précieuse valeur historique de la cité, a fait à plusieurs reprises l'objet de notre attention.
Trop rarement, la parole a été donnée aux habitants des quartiers périphériques.
Nous en avons questionné quelques-uns et ceux-ci ont répondu au-delà de nos attentes. Les remarques et propositions foisonnent, toujours constructives.
 
Dans ce premier article, c'est de la notion de liens - physiques et sociaux - dont il est question, parce qu’elle est omniprésente dans les propos.
Le choix de vie « extra-muros » est souvent un compromis entre la possibilité de profiter d’une maison individuelle avec un carré de jardin (il y en aurait 700 à Crémieu) et l’obligation de prendre sa voiture pour toute activité, même si aucun des quartiers périphériques n’est réellement loin du centre. Le quartier Sous Botta par exemple, est relié par un sentier joliment dénommé « du troubadour », qui met le cœur de ville à un quart d'heure à pied. Malgré de multiples demandes pour sa remise en état auprès de la mairie, sa dangerosité dissuade les plus intrépides. Faute d’avoir une voie verte, on prend la voiture. Mais le risque d’avoir du mal à se garer en plein centre est souvent dissuasif. Résultat : pour les courses, on opte pour la grande surface où le stationnement est facile et gratuit.
A Sous Botta, certaines “petites” choses sont souvent mal vécues : les panneaux électoraux sont affichés bien après ceux du centre, les nids de poule sur les routes rarement comblés, l’ampoule de l’éclairage public peu ou trop tardivement remplacée. Des contrariétés qui peuvent être interprétées comme un manque d’attention…
Au nord de la ville, Beptenaz est un petit coin de paradis. Les maisons alternent entre bâtisses anciennes, maisons d’architecte et villas traditionnelles. Très peu de clôtures, les animaux vont et viennent en traversant les jardins. La fête des voisins y bat son plein chaque année et rassemble alternativement chez les uns et les autres tous ceux qui souhaitent y participer. La-haut, très peu d’éclairage public, c’est la nature qui prime. Les habitants ont conscience de vivre dans un site préservé.
Un bémol cependant, l’absence de voie verte qui permettrait de se rendre au centre- ville, faire des courses, aller à l’école en vélo ou simplement se balader.
La route est étroite et il est difficile pour un camion et une voiture de se croiser, et ce, malgré les travaux récents d’amélioration du carrefour. Des discussions ont eu lieu sans avoir abouti, au grand regret des habitants.
Cette difficulté est partagée par les quelques maisons de Chassonaz (triangle entre Siccieu et Annoisin) et celles près des jardins de Prajot. Ces routes sont empruntées par des camions qui occasionnent nuisances sonores et vibrations néfastes pour les murs en pierres. Patrimoine à part entière, les murs tombent petit à petit et ne sont pas reconstruits. Combien en restera-t-il dans le futur ?
 
Mais tout le monde est d'accord, choisir la périphérie offre plus de liberté dans les options d’habitats que le centre ancien, et chacun appelle de ses vœux l’aménagement des voies vertes qui font défaut.